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Kasereka Laylay Jean de Dieu     


Utilisation du Panicum maximum (écotype local) comme ingrédient dans le régime alimentaire du lapin local : effets sur les performances de croissance et la qualité de la viande.

Résumé:
Au Bénin, la cuniculture connaît un essor croissant face à la demande en protéines animales et à la quête de revenus complémentaires, mais reste entravée par la dépendance à des ingrédients alimentaires coûteux et importés. Cette étude évalue l’intérêt de l’incorporation du Panicum maximum (écotype local), une graminée tropicale locale caractérisée par une forte production de biomasse (4,05 t MS/ha/an) et une bonne adaptation aux conditions agroécologiques locales sur leurs performances de croissance (évolution du poids vif et GMQ) et la qualité de la viande (pH, force de cisaillement, couleur et capacité de rétention d’eau). L’expérimenta-tion a été menée à la Ferme d’Application de la Faculté des Sciences Agronomiques de l’Université d’Abomey-Calavi sur 128 lapereaux locaux (64 mâles et 64 femelles), âgés de 28 à 35 jours. Les animaux ont été répartis selon un dispositif factoriel 2 × 4, combinant deux sexes et quatre régimes alimentaires, soit huit lots expérimentaux de 16 lapereaux chacun. Quatre régimes alimentaires ont été testés : A0 (ration témoin sans Panicum maximum) et A1, A2 et A3, correspondant respectivement au remplacement du son de blé par Panicum maximum à des taux de 5 %, 10 % et 15 %. Aucune interaction significative entre le régime alimentaire et le sexe n’a été observée (p > 0,05). Comparativement au témoin (A0), les rations A1, A2 et A3 ont significativement augmenté l'ingestion alimentaire globale, qui est passée de 76,30 à 81,96, 87,56 et 88,24 g/j, respectivement (p = 0,03). En revanche, elles n'ont affecté ni le poids vif final (1805,65 ; 1804,30 ; 1774,58 et 1731,55 g pour A0, A1, A2 et A3, respectivement ; p = 0,448), ni le gain moyen quotidien global (19,99 ; 19,40 ; 18,62 et 19,49 g/j ; p = 0,394), ni la mortalité (p > 0,05). L'indice de consommation global était plus faible avec la ration témoin (3,70) qu'avec les rations A1 (4,06), A2 (4,59) et A3 (4,48) (p = 0,008). Les femelles ont présenté un poids vif final plus élevé (1825,04 contre 1733,01 g ; p = 0,018), un gain moyen quotidien global supérieur (20,41 contre 18,34 g/j ; p = 0,001) et un indice de consommation global inférieur (3,97 contre 4,44 ; p = 0,017) à ceux des mâles. Concernant la qualité de la viande, le pH musculaire était plus élevé avec les rations A1 (6,24), A2 (6,19) et surtout A3 (6,46) qu'avec le témoin (6,11 ; p = 0,001). Les rations A2 (53,40) et A3 (51,47) ont réduit la luminance (L*) par rapport au témoin (57,47 ; p = 0,001), tandis que la force de cisaillement était plus faible avec A3 (15,61 kg/cm²) qu'avec A0 (20,65 kg/cm²) (p = 0,001). Les femelles ont également présenté un pH musculaire plus élevé que les mâles (6,29 contre 6,22 ; p = 0,001). En conclusion, l'incorporation de Panicum maximum jusqu'à 15 % dans les rations gra-nulées des lapins locaux a permis de valoriser cette ressource fourragère sans altérer les performances globales de croissance et a modifié certaines caractéristiques technologiques de la viande, notamment le pH musculaire, la luminance et la force de cisaillement.

Mots clés: Alimentation. Bénin, Lapin, Panicum maximum, Performances zootechniques, Qua-lité de viande, Régime alimentaire.

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